Longtemps pays d’accueil, le Portugal durcit les conditions d’obtention de la nationalité et le regroupement familial
Le gouvernement de centre-droit a annoncé le 23 juin l’allongement de la durée pendant laquelle les personnes étrangères doivent résider régulièrement au Portugal avant de pouvoir demander la nationalité. Elle passe de cinq à sept ans pour les ressortissants de pays lusophones, et double à dix ans pour les autres nationalités. Les conditions du regroupement familial ont également été durcies : les personnes devront résider régulièrement pendant deux ans sur le territoire avant de faire venir des membres de leur famille – exclusivement les mineurs. Début mai, le gouvernement avait déjà annoncé l’éloignement à venir de 18 000 personnes en situation irrégulière. Ces durcissements ont été poussés par le parti d’extrême droite Chega, principal parti d’opposition depuis les élections législatives de mai. Le Conseil national pour les migrations et l’asile s’inquiète de ces changements, soulignant « un recul des droits des communautés immigrées dans des domaines fondamentaux ». Longtemps pays d’accueil, le Portugal bénéficiait d’une politique migratoire parmi les plus ouvertes de l’Union européenne, notamment sur l’accueil des personnes secourues en mer Méditerranée par les ONG.