Adoption du règlement « Retour » malgré les alertes sur ses risques pour les droits humains
Le 17 juin, le règlement « Retour » a définitivement été adopté par le Parlement européen, conduisant à un durcissement sans précédent du régime d’expulsion et d’enfermement des personnes migrantes. Fruit d’un accord entre la droite et l’extrême droite, le texte a été adopté dans les applaudissements et aux cris de « Renvoyez-les » (« Send them back ») slogan emprunté à l’extrême droite étasunienne. Le texte final élargit les mesures de contrôle, d’expulsion et d’enfermement, notamment par la création de « centres de retour » dans des pays hors de l’UE, ou de pouvoirs de police étendus semblables à ceux de l’ICE aux Etats-Unis.
Alors que la Grèce, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark travaillent déjà à l’ouverture de tels centres, la France se dit sceptique quant à leur efficacité et leur coût, tandis que l’Espagne s’y oppose fermement. Le Règlement Retour est vivement critiqué par une partie de la classe politique et par les organisations de défense des droits des personnes migrantes. Pour Vincent Beaugrand, directeur général de France terre d’asile, « le règlement retour est d’une violence froide ». Le texte sera pour partie d’application directe dès l’adoption définitive par le Conseil de l’UE dans les prochaines semaines.
