Des Etats membres de l’UE entament des négociations avec des pays tiers pour construire des hubs de retour
Alors que le Règlement « Retour » n’a pas encore été définitivement adopté par l’Union européenne, certains Etats membres amorcent déjà des négociations pour la mise en œuvre de l’une de ses mesures les plus controversées : les hubs de retours, qui visent à externaliser dans des pays tiers l’éloignement de personnes en situation irrégulière dans l’UE. Sans que des partenariats ne soient encore officialisés, certains pays semblent privilégiés, comme l’Ouganda et le Rwanda – qui dispose du centre de transit Gashora pour personnes évacuées de Libye, et qui a déjà manifesté son intérêt. Lors d’une réunion dédiée à Copenhague le 4 septembre, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Grèce et les Pays-Bas ont annoncé leur ambition de finaliser un accord d’ici la fin de l’année. L’Italie, qui s’apprête à rendre opérationnels les centres délocalisés de traitement des demandes d’asile en Albanie, souhaite en faire « le premier exemple de centres de retour ». Alors que les arrivées exceptionnelles dans l’enclave de Ceuta ont servi à relégitimer le recours aux hubs de retours, les organisations de la société civile alertent sur les risques de violation de droits des personnes soumises à cette politique coûteuse.
