L’ancien directeur de Frontex visé par une enquête judiciaire pour complicité de crimes contre l’humanité
Fabrice Leggeri, ancien directeur de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex) et actuel eurodéputé du Rassemblement national (RN), fait l’objet d’une enquête judiciaire en France pour complicité de crimes contre l’humanité et de crimes de torture en lien avec l’exercice de ses fonctions à la tête de Frontex entre 2015 et 2022. L’enquête fait suite à une plainte déposée en avril 2024 par Utopia 56 et la Ligue des droits de l’homme (LDH). Les deux associations accusent Leggeri d’avoir été indirectement impliqué dans des refoulements illégaux de personnes migrantes en fournissant des moyens matériels, financiers et humains aux garde-côtes libyens et grecs. Elles l’accusent d’avoir ainsi favorisé des refoulements vers la Turquie et la Libye, un pays où de graves violations des droits humains ont été documentées à l’encontre des personnes exilées. Pour Emmanuel Daoud, avocat de la LDH chargé de ce dossier, « ni Frontex ni M. Leggeri ne pourront se retrancher derrière le fait qu’ils ne savaient pas ». Fabrice Leggeri avait démissionné de ses fonctions en 2022, après la publication d’une enquête de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF). Celle-ci révélait que les garde-côtes grecs et libyens avaient orchestré des opérations de refoulement, avec la complicité d’agents de Frontex, qui se seraient abstenus d’intervenir ou auraient permis l’interception d’embarcations des personnes migrantes.
