Tensions franco-britanniques autour de l’accord « one in, one out »
L’accord franco-britannique dit « one in, one out », présenté comme un mécanisme de dissuasion des traversées de la Manche, est de plus en plus contesté pour son inefficacité et ses atteintes aux droits fondamentaux. Fondé sur le principe d’échange du « un pour un » – le Royaume-Uni acceptant l’entrée légale d’une personne étrangère, en contrepartie du renvoi vers la France d’une personne arrivée irrégulièrement – ce mécanisme a permis 12 transferts par semaine en moyenne, bien en deçà de l’objectif initial de 50 renvois hebdomadaires. Malgré les 625 millions de livres versés à la France pour empêcher les départs, le secrétaire général de la mer, Xavier Ducept, auditionné à l’Assemblée nationale, reconnaît que cet accord n’a « pas d’impact direct sur les flux ». L’accord a en revanche entraîné une hausse des décès et des disparitions dans la Manche, comme le révèle une enquête de Border Forensics. Le renforcement des contrôles policiers pousse les personnes à recourir à des chemins plus dangereux. Ce dispositif est lié à la coopération plus large prévue par l’accord dit de Sandhurst, signé en 2018 dans la continuité des accords du Touquet, qui encadre le financement britannique des opérations françaises de surveillance et d’interception au large des côtes. Arrivant à échéance, les discussions sur son renouvellement sont aujourd’hui au point mort. Faute d’accord pérenne sur les objectifs, un arrangement provisoire de deux mois a été conclu, prévoyant le versement par le Royaume-Uni de 16,2 millions de livres supplémentaires.
